Soleil de l’Arc : un projet local

Si le terme de local peut être utilisé à des échelles très différentes (de régions du monde en géopolitique, à quartier dans les budgets participatifs) il n’en est pas moins vrai que la recherche du local correspond à une demande d’appropriation de la vie économique dans un contexte d’économie ouverte sur le monde. Pour Soleil de l’Arc, le « local » se décline sur plusieurs axes fondateurs développés dans cet article. On y découvre que, contrairement aux idées reçues, la valeur économique d’une installation photovoltaïque est majoritairement locale et que la délocalisation de la production auprès des lieux de consommation ne présente pas d’enjeu énergétique dans l’efficacité de la distribution.

1- Une valorisation des ressources énergétiques locales

En premier lieu, la ressource en énergie renouvelable est par “essence” locale (biomasse, hydraulique, solaire, géothermie). Pour notre zone d’habitation, la ressource la plus facile à exploiter est l’énergie solaire. En effet, avec plus de 2800 heures d’ensoleillement par an, c’est en Provence que l’énergie solaire est la plus abondante de France. Sa valorisation se pose comme une évidence, mais d’autres ressources locales existent aussi comme l’hydraulique sur l’Arc comme l’a démontré la SAS « Provence Energie Citoyenne » en réhabilitant la centrale hydroélectrique de la Marie Thérèse à Velaux .

L’exploitation de la ressource solaire permet de réduire l’impact mondial des énergies non renouvelables sur l’environnement tant sur le plan des limites des gisements que sur les rejets de polluants. Pour Soleil de l’Arc, cette valorisation locale se fait dans le respect de notre environnement. Nous veillions en effet à une bonne intégration paysagère et patrimoniale des équipements en toiture en évitant le recours à des champs photovoltaïques.

2- Une utilisation locale de l’énergie

Bien que la SAS ne vende pas l’énergie électrique qu’elle produit à des consommateurs locaux, il n’en est pas moins vrai que les électrons mis sur le réseau servent à transporter une énergie verte qui va être consommée localement. Ce circuit court du producteur au consommateur (ne pas confondre avec court-circuit!) permet d’alléger les réseaux électriques. On notera cependant que l’enjeu pour ces réseaux réside d’avantage dans le coût de leur renforcement que dans leur efficacité énergétique. En effet les pertes en lignes d’une production centralisée sont relativement faibles lorsque l’on utilise la haute tension (de 3 % à 6%).

3- Un développement économique local

Bien qu’ils aient recours à des produits industriels de haute technologie très éloignés de l’artisanat local, les projets photovoltaïques concourent à l’activité du bassin d’emploi dans lesquels ils se situent. C’est particulièrement le cas lors de la phase de chantier mais également lors des opérations de maintenance. Ainsi, contrairement aux idées reçues, la part de local dans la chaîne de valeur d’une installation photovoltaïque est majoritaire.

lLa part du local peut aller jusqu’au 2/3 pour des panneaux assemblés en France et cela même avec des cellules fabriquées en Asie (voir article sur la « provenance des panneaux »). Ainsi, la SAS s’engage à recourir, lorsque c’est possible, aux entreprises locales en considérant aussi l’atout de la proximité pour sécuriser le projet et faciliter sa réplication dans les alentours. En adoptant ce principe, l’ADEME a estimé que pour 1 euro investit dans un projet citoyen de production d’ENR 2,5 euros bénéficiait à l’économie locale. (source : https://www.pv-magazine.fr/2019/12/11/projets-renouvelables-participatifs-des-benefices-locaux-et-pour-tous/)

4- Un projet ancré dans le territoire de la basse vallée de l’Arc

Le projet Soleil de l’Arc conforte l’engagement des collectivités locales de la basse vallée de l’Arc en faveur des énergies renouvelables et des économies d’énergie. Ce projet de territoire est mené avec le soutien des pouvoirs publics (financement ADEME).

On notera aussi que les revenus issus de la fiscalité et de la vente d’électricité, perçus par les collectivités tout au long de la durée d’exploitation des équipements, viennent soutenir une politique énergétique de long terme.

5- Un financement ouvert sur le local

Nous savons que l’État et les collectivités n’ont pas les moyens financiers suffisants pour faire face à l’urgence climatique. Ainsi il est indispensable de mobiliser les ressources financières des citoyens sur des actions individuelles mais aussi collectives. Ainsi le financement par les habitants d’infrastructures de production d’énergie renouvelable est un accélérateur essentiel de la transition énergétique. De plus cette mobilisation locale permet le développement de projet en cohérence avec les enjeux de développement de la commune, ce qui n’est pas toujours le cas des projets implantés et exploitées par des sociétés non ancrées dans le territoire.

De manière concrète, la marge bénéficiaire générée par la SAS est utilisée pour partie en investissement dans de nouvelles installations sur le territoire de la basse vallée de l’Arc et pour une autre partie en revenus sous forme de dividende pour les sociétaires alimentant ainsi l’économie locale.

Voir article « soleil de l’Arc et l’argent »

6- Une gouvernance locale portée par des citoyens

Soleil de l’Arc s’inscrit dans la lignée des démarches citoyennes présentes dans les communes de la basse vallée de l’Arc depuis 2006 : Forum citoyen de Coudoux (organisation de débats), Alternative Velaux (eco-citoyenneté), Collectif citoyens de La Fare, Provence énergie citoyenne (Centrale hygroélectrique de Velaux), Terres en partage de Coudoux (Jardin partagés), …

Grace à ces statuts et sa forme juridique, la SAS Soleil de l’Arc dispose d’une gouvernance citoyenne forte sous le principe démocratique 1 sociétaire = 1 voix quel que soit le nombre de parts sociales dont dispose l’associé.

Sur le plan sociétal le portage par des citoyens d’une forme de coopérative d’un genre nouveau est un vecteur de cohésion sociale. Que ce soit pour des questions environnementales, économiques, sociales ou démocratiques, notre conviction est que la mise en commun de toutes les compétences est un atout pour affronter des problèmes qui nécessiteront des actions et des choix déterminants pour notre avenir et celui de nos enfants.

Voir article : « un projet citoyen : à quoi ça sert ? »